LegalBotik — prudhommes salaires impayes
Retenez la règle de forme: chaque poste doit apparaître dans le bordereau des demandes avec un montant, un fondement textuel et la pièce qui le justifie. C’est la colonne « pièce » qui fait la différence à l’audience, car elle permet au conseiller de vérifier votre calcul sans avoir à le refaire.
| Étape | Ce que dit le texte | Ce qui se passe en pratique | Votre conduite |
|---|---|---|---|
| Nature de la demande | Provision si l’obligation n’est pas sérieusement contestable (art. R.1455-7) | Des requêtes demandent un rappel de salaire et sont rejetées sur ce point | Libellez systématiquement « à titre de provision » |
| Retenue illicite | Sanction pécuniaire prohibée, donc trouble manifestement illicite | Les retenues sont présentées comme de simples régularisations comptables | Invoquez R.1455-6: la mesure est possible même en cas de contestation sérieuse |
| Délai | Aucun délai imposé, mais l’urgence conditionne l’intérêt du référé | Un référé aboutit en quelques semaines, contre plus d’un an au fond | Mettez en demeure sous huitaine puis saisissez sans attendre |
| Exécution | L’ordonnance de référé est exécutoire de plein droit | Certains employeurs attendent l’appel pour payer | Confiez l’ordonnance à un commissaire de justice dès l’expiration du délai de paiement |
- Demander un rappel de salaire en référé → Le juge des référés ne peut accorder qu’une provision. La demande doit être libellée en ce sens, sous peine de rejet.
- Inclure en référé des postes qui demandent un calcul → Commissions à reconstituer, heures à établir, primes discutées: leur présence fait naître une contestation sérieuse et fragilise l’ensemble de la demande.
- Laisser s’installer le retard avant d’agir → L’urgence s’apprécie concrètement. Plusieurs mois de tolérance affaiblissent l’argument, alors que la créance reste due.
- Prendre acte de la rupture trop tôt → Tant que la gravité n’est pas caractérisée, la prise d’acte est risquée: requalifiée en démission, elle prive de toute indemnité. Le référé permet d’agir sans rompre.
- Poursuivre l’employeur en procédure collective → La créance relève alors de l’AGS et le paiement transite par le mandataire judiciaire. Adressez-lui directement l’attestation de créance.
Mettre en demeure avant le référé Les salaires des mois de [mois] ne m’ont pas été versés, pour un montant total de [montant] tel qu’il résulte des bulletins de paie que vous avez vous-même établis. Je vous mets en demeure de procéder à leur règlement dans un délai de huit jours. À défaut, je saisirai la formation de référé du conseil de prud’hommes aux fins d’obtenir une provision sur les sommes dues, l’existence de l’obligation n’étant pas sérieusement contestable au sens de l’article R.1455-7 du code du travail. Contester une retenue sur salaire La retenue de [montant] opérée sur le bulletin de [mois] est motivée par [motif invoqué], soit une prétendue mauvaise exécution du travail. Une telle retenue constitue une sanction pécuniaire prohibée et, partant, un trouble manifestement illicite qu’il appartient à la formation de référé de faire cesser en application de l’article R.1455-6 du code du travail, même en présence d’une contestation sérieuse. Face à un salaire impayé, l’enjeu n’est pas de démontrer sa bonne foi mais d’isoler la part de la créance qui n’est pas sérieusement contestable — car c’est elle, et elle seule, que le référé peut faire payer en quelques semaines.
Un salaire impayé ne se traite pas comme un litige ordinaire, parce que le temps n’a pas le même prix. Attendre dix-sept mois un jugement au fond quand le loyer est dû à la fin du mois n’est pas une option, et la procédure prévoit précisément une voie rapide — encore faut-il l’emprunter correctement.
Deux textes se complètent. L’article R.1455-6 du code du travail permet à la formation de référé de prescrire les mesures de remise en état qui s’imposent pour faire cesser un trouble manifestement illicite, même en présence d’une contestation sérieuse. L’article R.1455-7 lui permet, lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, d’accorder une provision au créancier ou d’ordonner l’exécution de l’obligation, même s’il s’agit d’une obligation de faire.
La faute technique la plus coûteuse consiste à demander un rappel de salaire. Le juge des référés ne tranche pas le fond: il ne peut accorder qu’une provision. Une demande mal libellée expose au rejet ou à l’excès de pouvoir, alors que la même somme, présentée comme provision, aurait été accordée. Le second réflexe est comptable: il faut isoler la part incontestable de la créance, celle qui résulte des bulletins de paie et du contrat, et laisser au fond les postes qui supposent une interprétation — commissions à calculer, primes discutées, qualification à trancher. L’ordonnance de référé est exécutoire immédiatement, même en cas d’appel.
Guide pilier du cluster: saisir le conseil de prud’hommes — le guide complet.
Ce que cherchent les salariés qui arrivent sur cette page
- « mon employeur ne me paie plus que faire »
- « référé prud’homal salaire impayé délai »
- « retenue sur salaire abusive recours »
- « salaire payé en retard chaque mois »
- « peut-on démissionner pour salaire impayé »
- « employeur en liquidation salaires impayés AGS »
À vérifier avant de saisir
- La part strictement incontestable de la créance — Salaire de base non versé, heures figurant sur le bulletin mais non payées, congés payés acquis: ce sont ces postes qui passent en référé. Les créances à calculer relèvent du fond.
- La nature de la retenue éventuellement opérée — Une retenue pratiquée en raison d’une prétendue mauvaise exécution du travail constitue une sanction pécuniaire prohibée, donc un trouble manifestement illicite qu’il convient de faire cesser en référé.
- La preuve de la mise en demeure — Elle n’est pas une condition légale du référé, mais elle établit l’inexécution volontaire, fait courir les intérêts et démontre l’urgence.
- La fourniture effective de travail — Lorsque l’employeur ne justifie pas avoir fourni du travail sur une période, l’obligation de payer le salaire n’est pas sérieusement contestable: c’est l’un des cas les plus solides en référé.
- La situation de l’entreprise — En procédure collective, la créance salariale relève de l’AGS et le paiement passe par le mandataire judiciaire; le référé perd alors son utilité contre l’employeur.
- L’ancienneté de chaque mensualité impayée — Trois ans par créance, à compter de son exigibilité. Un retard installé depuis longtemps affaiblit en outre l’argument d’urgence.
Le bureau de conciliation: la séance la plus sous-exploitée de la procédure
Beaucoup de salariés abordent la première audience comme une formalité à traverser avant le « vrai » procès. C’est une erreur de calendrier autant que de stratégie: le bureau de conciliation et d’orientation statue en 3,9 mois là où le bureau de jugement met 17,0 mois, et il détient des pouvoirs propres qu’il exerce même si l’employeur ne se présente pas.
| Ce que le bureau peut ordonner | Portée réelle | Texte |
|---|---|---|
| Délivrance des documents obligatoires, au besoin sous astreinte | Certificat de travail, bulletins de paie, attestation destinée à France Travail — et toute pièce que l’employeur est légalement tenu de délivrer. | C. trav. art. R.1454-14, 1° |
| Provisions sur salaires, congés payés, préavis et indemnité de licenciement | À la condition que l’existence de l’obligation ne soit pas sérieusement contestable. Le total est plafonné à six mois de salaire, calculés sur la moyenne des trois derniers mois. | C. trav. art. R.1454-14, 2° et R.1454-15 |
| Décision provisoire suppléant l’attestation France Travail non délivrée | Au vu des pièces du salarié, le bureau récapitule les éléments de l’attestation pour lui permettre d’ouvrir ses droits à l’assurance chômage. | C. trav. art. R.1454-14 et R.1234-9 |
| Toutes mesures d’instruction, même d’office | Y compris la production forcée de documents détenus par l’employeur, ce qui est souvent le seul moyen d’obtenir les relevés de temps de travail. | C. trav. art. R.1454-14, 3° |
| Mesures conservatoires sur les preuves ou les objets litigieux | Utile lorsque le risque de disparition des relevés informatiques est réel. | C. trav. art. R.1454-14, 4° |
Deux conséquences pratiques. D’abord, demandez expressément ces mesures dans la requête: il n’est pas nécessaire de solliciter formellement une ordonnance, il suffit que la demande porte sur l’une des mesures que le bureau peut prendre, mais encore faut-il qu’elle y figure. Ensuite, la séance de conciliation se tient en chambre du conseil, hors du public — sauf lorsque le bureau statue sur ces mesures provisoires, auquel cas l’audience devient publique (art. R.1454-15).
La provision est plafonnée à six mois de salaire, calculés sur la moyenne des trois derniers mois, et le bureau peut liquider provisoirement les astreintes qu’il a ordonnées. Pour un salarié privé de ressources qui attend dix-sept mois un jugement, obtenir en quatre mois une provision et l’attestation destinée à France Travail n’est pas un détail: c’est ce qui permet de tenir jusqu’au jugement.
En cas de partage des voix, l’affaire est renvoyée devant le juge départiteur. L’audience doit se tenir dans le mois du renvoi, et sous quinze jours si le partage survient en référé (art. R.1454-29). Dans les faits, c’est l’audiencement réel qui commande, et le départage porte le délai moyen à 31,8 mois.
La chaîne des prescriptions — un seul tableau à connaître par cœur
C’est ici que se perdent la plupart des dossiers gagnables, et jamais sur le fond. Le code du travail ne prévoit pas un délai unique mais une série de délais autonomes, qui courent en parallèle et à partir de points de départ différents. Un même licenciement peut donc être prescrit sur un poste et parfaitement recevable sur un autre.
| Nature de la demande | Délai | Point de départ | Texte |
|---|---|---|---|
| Contestation de la rupture du contrat (licenciement, quel qu’en soit le motif) | 12 mois | Notification de la rupture | C. trav. art. L.1471-1 al. 2 |
| Contestation d’une rupture conventionnelle | 12 mois | Homologation par la DREETS, expresse ou tacite | C. trav. art. L.1237-14 |
| Exécution du contrat (mutation, sanction, exécution déloyale) | 2 ans | Jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits | C. trav. art. L.1471-1 al. 1 |
| Rappel de salaire, heures supplémentaires, primes | 3 ans | Exigibilité de chaque créance salariale | C. trav. art. L.3245-1 |
| Sommes détaillées dans un reçu pour solde de tout compte signé | 6 mois | Signature du reçu par le salarié | C. trav. art. L.1234-20 |
| Discrimination | 5 ans | Révélation de la discrimination | C. trav. art. L.1134-5 |
| Harcèlement moral ou sexuel | 5 ans | Dernier fait constitutif du harcèlement | C. civ. art. 2224, expressément réservé par L.1471-1 al. 3 |
| Réparation d’un dommage corporel survenu au travail | 10 ans | Consolidation du dommage | C. civ. art. 2226, réservé par L.1471-1 al. 3 |
Le raisonnement à retenir est celui de l’éclatement: on ne date pas un dossier, on date chaque chef de demande. Voici, poste par poste, le piège correspondant.
- Contestation de la rupture du contrat (licenciement, quel qu’en soit le motif) (12 mois) — Le délai court de la réception de la lettre recommandée, non de son envoi, et le jour de la réception ne compte pas. Une requête déposée au treizième mois est irrecevable, même d’un jour.
- Contestation d’une rupture conventionnelle (12 mois) — Le point de départ n’est ni la signature ni la fin du délai de rétractation: c’est l’homologation. Ce délai n’est ni suspendu ni interrompu.
- Exécution du contrat (mutation, sanction, exécution déloyale) (2 ans) — Le point de départ glissant se prête à la discussion: datez la connaissance par une pièce, faute de quoi l’employeur la placera au plus tôt.
- Rappel de salaire, heures supplémentaires, primes (3 ans) — Chaque mois se prescrit séparément: le retard fait tomber les mois les plus anciens un à un, sans que rien ne l’annonce.
- Sommes détaillées dans un reçu pour solde de tout compte signé (6 mois) — Signer sans réserve enferme dans six mois les seules sommes qui y figurent. Non signé, le reçu n’a aucun effet libératoire.
- Discrimination (5 ans) — Ce délai échappe au délai annal: une demande prescrite comme contestation du licenciement peut rester recevable sur le terrain de la discrimination.
- Harcèlement moral ou sexuel (5 ans) — Les faits anciens ne sont pas perdus: ils restent produits pour établir la répétition, dès lors que le dernier fait est dans les cinq ans.
- Réparation d’un dommage corporel survenu au travail (10 ans) — La consolidation, et non l’accident, ouvre le délai — ce qui déplace souvent le calendrier de plusieurs années.
Le calcul que tout le monde rate: pour la contestation du licenciement, le délai de douze mois court de la réception de la lettre recommandée, non de son envoi, et le jour de la réception ne compte pas. Une lettre postée le 9 et reçue le 12 ouvre un délai qui commence le 13. À l’inverse, une requête déposée au greffe le treizième mois est irrecevable, même d’un seul jour, et aucune bonne foi ne rattrape cela.
Procédure pas à pas
- Étape 1 — Établir un décompte mois par mois. Une colonne pour le dû, une pour le versé, une pour l’écart. Séparez visuellement la part incontestable de celle qui demande une interprétation: cette séparation structure toute la demande.
- Étape 2 — Mettre en demeure par lettre recommandée. Rappelez les mensualités concernées, les montants et un délai bref. Annoncez la saisine en référé à défaut de règlement: la régularisation intervient souvent à ce stade.
- Étape 3 — Saisir la formation de référé. La saisine s’opère par acte de commissaire de justice, dont copie est remise au greffe au plus tard la veille de l’audience, ou par requête selon les usages locaux. Vérifiez la modalité auprès du greffe.
- Étape 4 — Libeller les demandes en provision. Formulez « à titre de provision sur les sommes dues au titre de [poste] » et non « à titre de rappel de salaire ». Cette formulation conditionne la compétence du juge.
- Étape 5 — Ajouter la remise des documents sous astreinte. Bulletins de paie manquants, attestation destinée à France Travail, certificat de travail: leur remise peut être ordonnée en référé, y compris sous astreinte.
- Étape 6 — Faire exécuter l’ordonnance immédiatement. Elle est exécutoire de plein droit, même en cas d’appel. Confiez-la sans délai à un commissaire de justice si le paiement n’intervient pas spontanément.
- Étape 7 — Réserver le fond pour le reste. Heures supplémentaires à établir, primes discutées, requalification: ces postes se plaident au fond, sans attendre l’issue du référé. Les deux procédures se mènent en parallèle.
Le bordereau des pièces
Numérotez chaque pièce et conservez la même numérotation du bureau de conciliation à la cour d’appel. À compter du 1er octobre 2026, les pièces ne sont plus déposées au greffe: le bordereau reste annexé à la requête, mais c’est vous qui communiquez les pièces à l’adversaire et qui en remettez un exemplaire à l’audience. Un bordereau numéroté devient donc la colonne vertébrale du dossier.
- Bulletins de paie de la période — Établissent le dû et révèlent l’écart avec les versements réellement effectués.
- Relevés bancaires — Preuve directe de l’absence ou du retard de virement, difficile à contredire.
- Contrat de travail et convention collective — Fixent la rémunération contractuelle et les minima conventionnels applicables.
- Mise en demeure et accusé de réception — Démontrent l’inexécution volontaire et font courir les intérêts moratoires.
- Décompte mensuel séparant l’incontestable du discutable — Pièce décisive en référé: elle montre au juge où s’arrête sa compétence.
- Échanges sur la fourniture de travail — Si l’employeur n’a pas fourni de travail, l’obligation de payer n’est pas sérieusement contestable.
Chiffrer les demandes, poste par poste
Le conseil ne peut accorder que ce qui est demandé, et il ne peut accorder une somme que si elle est chiffrée. Un chef de demande énoncé sans montant est un chef de demande perdu.
| Poste | Fondement | Mode de calcul |
|---|---|---|
| Provision sur salaires | C. trav. art. R.1455-7 | Somme incontestable résultant des bulletins et du contrat, mois par mois |
| Provision sur congés payés | C. trav. art. L.3141-24 et R.1455-7 | 10 % des rémunérations dues, ou maintien de salaire selon la règle la plus favorable |
| Intérêts au taux légal | C. civ. art. 1231-6 | À compter de la mise en demeure, sur les sommes exigibles |
| Astreinte pour la remise des documents | CPCE art. L.131-1 | Montant journalier fixé par le juge, à liquider en cas d’inexécution |
| Indemnité forfaitaire de travail dissimulé | C. trav. art. L.8223-1 | Six mois de salaire, mais au fond uniquement: ce poste est contestable par nature |
LegalBotik construit le décompte mensuel à partir de vos bulletins, sépare ce qui passe en référé de ce qui relève du fond, et libelle les demandes dans les termes que la formation de référé peut accorder.
- Vous importez bulletins et relevés bancaires: l’écart est calculé mois par mois.
- Les postes appelant un calcul sont écartés du référé pour ne pas créer de contestation sérieuse.
- Les demandes sont formulées à titre de provision, avec leur fondement textuel.
- La mise en demeure préalable est produite prête à envoyer, avec le délai de huitaine.
- Les retenues illicites sont qualifiées de sanctions pécuniaires prohibées, sur le terrain de R.1455-6.
Le parcours saisine du conseil de prud’hommes produit la requête, l’exposé sommaire des motifs, l’énoncé de chacun des chefs de demande et le bordereau numéroté des pièces. Vous pouvez y importer votre lettre de licenciement, vos bulletins de paie ou la convention de rupture: nous en extrayons les dates et les montants qui commandent les délais et le chiffrage. Si vous contestez un licenciement, le parcours contestation du licenciement prépare l’argumentation au fond. L’envoi et la signature restent les vôtres.
Sources
- Requête aux fins de saisine du conseil de prud’hommes (Cerfa 15586) — Formulaire officiel de saisine, avec son modèle de bordereau de pièces en annexe.
- Saisir le conseil de prud’hommes — fiche officielle — Délais de saisine par nature de litige, compétence territoriale, déroulement.
- Article L.1471-1 du code du travail — Prescription: douze mois pour la rupture, deux ans pour l’exécution du contrat.
- Article L.1235-3 du code du travail (barème) — Planchers et plafonds d’indemnisation du licenciement sans cause réelle et sérieuse.
- Article R.1452-2 du code du travail — Contenu de la requête: mentions de l’article 57 CPC, exposé sommaire, chefs de demande, bordereau.
- Article R.1454-14 du code du travail — Pouvoirs du bureau de conciliation et d’orientation: documents sous astreinte, provisions, instruction.
- Article L.3171-4 du code du travail — Preuve de la durée du travail: l’employeur fournit au juge ses éléments de contrôle.
- Article L.141-1 du code de l’organisation judiciaire — Responsabilité de l’État pour fonctionnement défectueux du service de la justice.
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Ressources LegalBotik
Parcours prud’hommes sur LegalBotik
FAQ — Salaires impayés: le référé prud’homal paie en semaine
Le référé prud’homal permet-il vraiment d’obtenir le paiement rapidement?
Oui, lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable. L’article R.1455-7 du code du travail permet alors à la formation de référé d’accorder une provision au créancier ou d’ordonner l’exécution de l’obligation. L’ordonnance est exécutoire de plein droit, y compris en cas d’appel, ce qui la rend immédiatement utile.
Pourquoi faut-il demander une provision et non un rappel de salaire?
Parce que le juge des référés ne tranche pas le fond du litige: il ne peut accorder qu’une provision sur les sommes dues. Une demande libellée en rappel de salaire excède ses pouvoirs et s’expose au rejet, alors que la même somme, présentée comme provision, peut être allouée sans difficulté.
Mon employeur a opéré une retenue pour travail mal fait: est-ce légal?
Non. Une retenue opérée sur le salaire en raison d’une prétendue mauvaise exécution du travail constitue une sanction pécuniaire prohibée, et donc un trouble manifestement illicite. La formation de référé peut prescrire les mesures de remise en état qui s’imposent pour le faire cesser en application de l’article R.1455-6, et ce même en présence d’une contestation sérieuse.
Puis-je démissionner ou prendre acte de la rupture?
C’est possible mais risqué. Tant que la gravité du manquement n’est pas caractérisée, une prise d’acte peut être requalifiée en démission, ce qui prive de toute indemnité et des allocations chômage. Le référé permet d’obtenir le paiement sans rompre le contrat, ce qui est presque toujours la démarche à engager d’abord.
Sur quelle période puis-je réclamer les salaires impayés?
Trois ans à compter de l’exigibilité de chaque créance (art. L.3245-1); en cas de rupture du contrat, la demande peut porter sur les sommes dues au titre des trois années précédant la rupture. Il faut néanmoins agir vite: un retard toléré pendant plusieurs mois affaiblit l’argument d’urgence propre au référé, même si la créance reste due.
LegalBotik — éditeur de logiciel juridique: nous préparons vos actes, réunissons vos pièces et tenons vos délais. La représentation en justice reste le métier de l’avocat. Dernière révision: août 2026 — décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026, jurisprudence de la chambre sociale à jour, statistiques 2024 du ministère de la Justice.
Saisine du conseil de prud’hommes — requête et bordereau
